ON EST CHEZ LES FOUS ICI, AU SECOURS

D’aucuns diront que traiter de la folie dans un article de blog est mission impossible. Les plus sceptiques iront même jusqu’à qualifier cette entreprise de pure folie. Aussi inquiétante soit-elle, cette possible logique autoréférentielle m’autorise au moins à prétendre qu’aujourd’hui je sais de quoi je vais parler. Il était temps !        

Il est important de dissocier deux aspects, l’état de folie, statique, et le passage de sain d’esprit à fou, dynamique, parce que, pour paraphraser Simone de Beauvoir, on ne naît pas fou, on le devient. La langue française est instructive à cet égard. Nombre de synonymes suggèrent un écart, une distance à une norme socialement  construite : déséquilibré, anormal, perché, dérangé. D’autres envisagent une explication sous forme de choc : frappé, sonné, toqué, marteau. Pourtant, quand il s’agit de décrire le changement d’un état à l’autre, la fée électricité est souvent mobilisée. Les individus disjonctent, pètent les plombs ou encore ont les fils qui se touchent. Il est manifestement dangereux de s’aventurer à jouer les électrons libres. Cela ne signifie pas pour autant que personne n’entrait dans la catégorie avant les travaux de Volta et d’Edison sur les phénomènes d’électrisation. Simplement, d’autres formulations étaient employées. En outre, il faut savoir que le regard porté sur la folie aussi bien que son traitement ont varié tout au long de l’histoire. Michel Foucault, à ne pas confondre avec son plus célèbre homonyme Jean-Pierre, explique comment la politique d’enfermement des anormaux a fini par s’imposer.

Quoi qu’il soit compliqué de distinguer un original d’un doux dingue, rendons grâce à ces tempéraments spéciaux qui nous permettent parfois de prendre du recul par rapport au fonctionnement de notre société. A la cour du roi, les fous avaient tout loisir de se moquer du souverain, de faire preuve d’insolence à son encontre. Triboulet a été le plus connu de la corporation et L’Angély le dernier d’entre eux : le bouffon avait poussé le bouchon un peu loin au goût de Louis XIV qui ne brillait de toute façon pas par l’humour. Dans le même ordre idée,  le philosophe Erasme a pu se livrer à une critique décapante des hommes d’Eglise dans son « Eloge de la folie » à la Renaissance. Face aux défenseurs de l’ordre établi, il est toujours préférable d’avancer masqué. Aujourd’hui, nul ne l’ignore. Il suffit de sortir dans la rue pour le vérifier. Et puis tous ces emportements sont souvent le facteur déclenchant d’œuvres grandioses. Sans l’amour délirant d’Hector Berlioz pour une actrice irlandaise,  jamais la « Symphonie fantastique » n’aurait été composée. C’est en effet pour conquérir le cœur de la belle que le musicien français l’a écrite et, le jour où elle apparut dans le public, Berlioz aux timbales était en transes.  

Sans être désobligeant envers un corps de métier, on imagine mal un comptable capable de tels bijoux. Quand on procède à une addition, il vaut mieux garder la tête froide. Pour ne pas commettre d’erreur, la retenue est même primordiale, au sens propre comme au figuré. Il serait néanmoins exagéré de considérer que la folie est forcément annonciatrice de gloire. Elle assure plus communément une chambre à l’asile. D’ailleurs, pour être précis, il est possible de perdre la boule, de léguer une œuvre remarquable à la postérité sans qu’il n’existe nécessairement de lien entre l’état mental et l’œuvre de l’individu. Ainsi, Auguste Comte est à la fois un des pères de la sociologie, l’inventeur du positivisme, forme de rationalité absolue, mais aussi un être qui a pété une durite à plusieurs reprises dans sa vie, cela parfois de manière spectaculaire. Il y a plutôt ici une contradiction entre ces deux aspects de sa personnalité. Il n’empêche que l’on sent parfaitement que les gens qui sortent bien volontiers du cadre, les iconoclastes, sont capables du meilleur comme du pire. L’homme d’affaires Elon Musk ou Vincent van Gogh sont d’excellentes illustrations de cet entre-deux. Avec son « Les cons, ça ose tout ; c’est même à ça qu’on les reconnaît », Michel Audiard avait un avis plus tranché.  

Si la folie se définit comme un écart à la norme, nous nous trouvons dans une situation embêtante. L’évolution de la société tend à abolir les règles, à flouter les repères habituels. Les aspirations individuelles sont favorisées et chacun est supposé bénéficier d’un maximum de libertés. A l’ère du coronavirus, certains affirment ainsi qu’ils vont bientôt pouvoir se balader partout dans le monde sans être vaccinés – et personne ne les interne. Bref, sans normes claires, comment peut-on espérer identifier les fous ? Va-t-on devoir ouvrir les portes des asiles et mettre tous les psychiatres au chômage ? Sans aller jusque-là, une forme d’indulgence en faveur des comportements prétendument atypiques a émergé. Le refrain d’une chanson du groupe Benny B donne le ton : « Mais vous êtes fous ? / Oh oui / Mais vous êtes fous ? ». Avoir son petit grain n’est pas si mal vu. Les auteurs d’attentas islamistes constituent une exception quelque peu paradoxale à cela. Ils se réclament d’une idéologie et revendiquent leurs actes mais, parce qu’ils n’entrent dans aucune de nos cases, nous avons décidé que c’est à eux qu’il en manque une.

A moins qu’il ne s’agisse finalement pas d’une exception mais d’une règle. La tolérance envers les conduites déviantes est en fait toute relative. Ce qui nous sert désormais de balises, ce sont nos propres normes et nous évaluons nos congénères à l’aune de ces repères que nous avons fabriqué pour nous-mêmes. Ceux qui voient le monde d’une autre façon sont facilement catalogués comme détraqués. Ce type d’anathème est plus commode qu’une vraie réflexion. Certains estiment qu’il est indispensable d’obéir aux lois de l’économie. Pour eux, croire que ces mécanismes peuvent être contrôlés relève de la folie furieuse. Regardez les échecs du communisme, concluent-ils. Dans l’autre camp, la religion est également faite. Ceux qui acceptent un haut niveau de précarité sociale sous prétexte qu’il y aurait des tabous sont forcément cinglés – ce qualificatif étant plus charitable que sadiques. Disqualifions l’adversaire. Ah si tous les mabouls, crazy, verrückt, michiguene, dingos, locos, psikhs du monde pouvaient se donner la main…

La maxime :

Tfou, tfou, tfou, disait ma grand-mère

Le tofu, c’est pour Zizi Jeanmaire

ATTENTION, CLASSIFIE!

L’homme a inventé la roue, le fil à couper le beurre. Il a également chassé le mammouth, cueilli des pommes et des groseilles. Parmi ses multiples activités, les tâches de classification n’ont occupé qu’une infime partie de son temps. Heureusement, en un sens. Il semble toutefois que, depuis quelques siècles, il ait rattrapé le temps gagné.

classification

Pour traiter de la pratique des classifications, la référence à Michel Foucault est incontournable. Selon le philosophe français, elles jouent encore un rôle secondaire à la Renaissance. C’est seulement avec l’ère des Lumières qu’elles prennent leur essor. Le but est alors d’établir des comparaisons, de distinguer les identités et les différences entre les objets, et non plus déceler leurs ressemblances dans un monde ordonné par Dieu. La fonction des mots évolue en parallèle. Ils deviennent représentatifs des choses. Cependant, les classifications ne sont pas de simples  « jeux des sept familles ». Elles ne sont jamais neutres. Quand l’homme ordonne lui-même les relations entre les objets, qu’il dessine des clivages, qu’il instaure des hiérarchies entre eux, il oriente forcément le regard et l’analyse. C’est pourquoi, poursuit Foucault, derrière la question de l’amélioration des connaissances, la logique du savoir, celle du contrôle social et du pouvoir n’est jamais très éloignée.

La « classification-mania » règne sans partage dans notre société. L’obsession taxonomique n’est pas l’apanage des services de sécurité ou d’administrations qui oscillent entre l’admiration pour Kafka et l’abrutissement le plus profond. Rien n’échappe à cette tendance, y compris les sujets farfelus. Ainsi, Jean-François Dortier propose une classification d’une population qui est loin d’être en voie d’extinction, à savoir les cons. Dans sa description, paradent fièrement l’ »arriéré », le « beauf », le « con universel », le « zinzin », le « débile »… Dans le même ordre d’idée, au dix-neuvième siècle, Charles Fourier présentait une typologie des cocus : le « cocu en herbe », le « présomptif », le « désigné », l’ »irréprochable »… Au final, le philosophe français inventoriait 80 catégories d’hommes à cornes. Il est bien dommage que personne à ce jour ne se soit lancé dans une investigation établissant un lien éventuel entre les diverses catégories de cons et de cocus. La piste mériterait assurément d’être creusée.

La classification des individus dans la société a beaucoup intéressé les penseurs.  Selon Platon, l’homme est une créature qui satisfait des besoins animaux, qui est susceptible de faire preuve de courage et qui est capable de faire preuve de réflexion. A partir de là, il distingue trois catégories de citoyens : les travailleurs, dont le rôle est de nourrir la population, les guerriers, qui la protègent et les philosophes, qui se situent au sommet de la hiérarchie et lui montrent la voie. Le Moyen Age chrétien s’inspire de ce découpage. Les paysans se trouvent en bas alors que les nobles, qui font la guerre, occupent le niveau intermédiaire. Le seul vrai changement apparaît tout en haut : comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, les hommes d’église chassent les philosophes pour mener la collectivité à bon port. En Inde, le découpage originel fait ressortir quatre castes (varna) : prêtres et enseignants, gouvernants, artisans et marchands, ouvriers et serviteurs. Il est complété par une division supplémentaire en castes (jati) fondées sur des professions héréditaires.

Avec le développement des activités économiques, les classes inférieures, celles qui contribuent à la croissance des richesses, deviennent l’objet de l’attention des classificateurs. Adam Smith distingue trois catégories d’individus d’après leur place dans la sphère productive : les capitalistes, les salariés et les propriétaires fonciers qui tirent leur revenu, la rente foncière, de la détention des terres. Quelques décennies plus tard, Karl Marx retirera la classe des propriétaires fonciers, qui pèsent de moins en moins avec la Révolution industrielle, pour laisser face à face capitalistes et salariés. A la même époque, Fourier, toujours lui, dressait un tableau extrêmement pointu de la nature humaine. Il distinguait 810 tempéraments, 405 par sexe et 12 passions, parmi lesquelles la « composite » qui pousse les hommes à s’associer, la « cabaliste » qui les exhorte à s’affronter et la « papillonne » qui les invite au changement. Afin de réconcilier tous ces éléments, il préconisait la création d’un modèle de société formé d’unités de base, nommées « phalanstères » dénombrant 1 620 personnes, éventuellement 1 600. Inutile de préciser que ce grand maniaque termina sa vie vieux garçon.

Les professions et catégories socioprofessionnelles (PCS), qui ont pris la suite des catégories socio-professionnelles (CSP), ont affiné le clivage en fonction des activités économiques avec 6 groupes : agriculteurs et exploitants ; artisans, commerçants et chefs d’entreprise ; cadres et professions intellectuelles supérieures ; professions intermédiaires ; employés et ouvriers. Cette typologie a longtemps correspondu à la conscience d’appartenir à un groupe social. Avec la disparition progressive de la classe ouvrière, ce n’est plus vraiment le cas. Dans la société post-industrielle, les frontières se brouillent. Malgré une certaine pertinence, la distinction entre les métropolitains, profitant de la mondialisation, ouverts et sympathiques, et les laissés-pour-compte des récents bouleversements économiques, fermés et antipathiques, reste quelque peu grossière. La situation d’une assistante émargeant au SMIC et domiciliée en banlieue parisienne n’est pas meilleure que celle du notaire d’une petite ville dans le Gers.

Il faut ajouter que les changements sont d’une impressionnante rapidité et que les classifications doivent s’adapter en permanence. Pour illustration, auparavant les institutions financières et les compagnies d’assurance étaient clairement dissociées. Avec le développement de la « bancassurance », les deux secteurs institutionnels ont été rapprochés sous l’appellation sociétés financières. Dans cet environnement en perpétuel mouvement, il est possible de se raccrocher à une bouée, le revenu des agents économiques. Par exemple, 50 % des Français touchaient moins de 1 710 euros net par mois. Pour ce qui est du salaire moyen, il est de 2 250 euros. Enfin, dernier repère, les 10% les plus privilégiés disposent en moyenne par mois de 5 200 euros, revenus du patrimoine compris. Voici comment les individus peuvent être évalués. Valeur. Les Grecs avaient une autre acception du mot.

Conseils de lecture

Fourier Charles, Tableau analytique du cocuage, Mille Et Une Nuits, Paris, 2002.
Marmion Jean-François (ed.), Psychologie de la connerie, Sciences Humaines 2018.

LA SITUATION EST SOUS CONTRÔLE

Qu’un individu se dissimule puis s’éclipse sur la pointe des pieds afin d’éviter un contrôle, c’est inévitable. Il n’y a pas de moyens d’attraper toutes les personnes qui ont quelque chose à se reprocher. Mais qu’une situation réussisse à échapper elle aussi à tout contrôle nous fait peur. Est-ce pour autant, comme disait l’humoriste, que les contrôles font les bons amis?

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Il serait difficile de confondre l’homme de Néandertal avec un Lord anglais. Ce qui les sépare n’est pas simplement quelques dizaines de milliers d’années. L’un sent le fauve, marche le dos voûté, le gourdin à la main et le cri primal à la bouche. L’autre se distingue par un port altier, un parfum subtil, une canne de golf et ses formules de politesse qui fleurent bon les bonnes manières. La transition entre les deux personnages a requis un long processus de civilisation qui a été décrit par le sociologue Norbert Elias. L’homme s’est progressivement débarrassé de ses pulsions animales, de ses conduites les plus spontanées. Il a appris à manger avec une fourchette plutôt qu’avec ses mains, à déféquer en gardant contenance, à ne plus cracher alors que cette pratique a longtemps été considérée comme saine. Des tabous ont pareillement été érigés au niveau de la sexualité. Dans le même ordre d’idée, le développement du sport a permis à l’homme moderne de canaliser son rapport à la violence. Cela vaut aussi pour le football même si, dans ce cas, le sportif est revenu à la pratique régulière du crachat sur le terrain à tout instant. On peut se demander ce que cela signifie.

C’est une litote que de relever que Michel Foucault ne partage pas l’intégralité des positions d’Elias sur la question du conditionnement social. Son jugement est beaucoup moins élogieux. A ses yeux, il existe une intention. En prenant comme exemple la prison, il s’efforce de démontrer que l’objectif du pouvoir est d’exercer un contrôle sur les êtres qui constituent la société. Les institutions carcérales permettent à un petit nombre d’individus d’en surveiller un grand nombre. Ce type de dispositif se retrouve dans l’entreprise où quelques contremaîtres parviennent à superviser le travail de dizaines de salariés. En fait, la quête de performance économique renforce cette exigence de contrôle. Elle dépasse évidemment la fameuse pointeuse des entreprises. La Révolution industrielle soumet l’homme au rythme, à la discipline de la machine. Il convient d’être présent à son poste pour ne pas perturber la chaîne de production. Tout se joue à une seconde près. Rappelons que, selon une légende propagée par les syndicats, le père de l’Organisation Scientifique du Travail (OST), Frederick W. Taylor, aurait été enterré avec son chronomètre.

La notion de contrôle est centrale à notre époque. Elle se décline à toutes les sauces : contrôle des connaissances, contrôle d’identité, contrôle technique, contrôle sanitaire, contrôle des contrôleurs… puisque les dangers ne manquent pas. L’avènement d’une société de services a rendu la pointeuse quelque peu obsolète mais aucunement l’idée du contrôle. Dans la vie économique, le télétravail est en plein essor. Le contrôle ne porte plus forcément sur les moyens, le temps consacré à l’activité professionnelle, mais sur les résultats, la mission qui doit être accomplie. Quelle que soit sa forme, le phénomène du contrôle coule encore de beaux jours. Quelques éléments suggèrent que le mouvement n’est pas près de s’interrompre. Tout d’abord, le contrôle appelle le contrôle. Il obéit à sa propre logique et son emballement semble impossible à dompter. Des cohortes de consultants se sont engouffrés dans la brèche. Contre menue monnaie, ils améliorent les procédures de contrôle dans votre entreprise. Quand ils sont issus des effectifs même des organisations, cela permet de justifier leur position hiérarchique de cadre supérieur ou manager dont l’utilité ne serait pas bien claire sinon.

Cette logique du contrôle pour le contrôle est même susceptible de déboucher sur une perte totale de sens. Prenons une université qui œuvre à rendre ses procédures d’évacuation en cas d’incendie plus efficaces. Le rôle de l’expert ne se limite pas à faire sonner l’alarme et à mesurer en combien de temps le bâtiment s’est vidé de ses occupants. Trop facile. Il doit rédiger un questionnaire destiné à décortiquer les séquences et à distinguer tous les cas de figure envisageables. Les enseignants devront ainsi répondre à des myriades de questions telles que « Est-ce que tous vos apprenants ont entendu la sonnerie ? ». Le problème est qu’ils ont veillé uniquement à faire sortir leurs étudiants avec célérité. Aucun n’a stoppé l’évacuation pour les interroger : «attendez : tout le monde a-t-il entendu la sonnerie ? ». S’il y a des demi-sourds dans la classe, ce que certaines copies laissent parfois entendre, les enseignants n’en savent rien. Ils sont juste capables de certifier que tous les étudiants présents dans la salle sont effectivement sortis, c’est tout.

L’obsession du contrôle conduit par contrecoup à la nécessité de mesurer une forme progrès. Dans le cas contraire, cela signifierait que les contrôles ne servent à rien. Cette pensée est totalement intolérable bien sûr. A l’instar de l’homme, l’entreprise apprend de ses erreurs. Pourtant, d’aucuns franchissent le pas et dénaturent la philosophie du contrôle pour s’assurer que l’évolution est réellement positive, que les lacunes se corrigent au fur et à mesure des vérifications. Si l’on reste sur notre fil rouge, l’université, une annonce préalable de l’exercice d’évacuation par le responsable de la sécurité est une première option. Une multiplication compulsive des exercices d’évacuation en est une autre. Battre le record du monde dans ce domaine risque toutefois d’avoir pour contrepartie une baisse du niveau scolaire. Alors pourquoi ne pas inviter les étudiants et les personnels à se pointer chaque jour en survêtement et en baskets afin de grappiller quelques secondes ou encore interdire les études supérieures aux personnes à mobilité réduite ? On voit le souci : passer le contrôle devient plus important que conduire à une authentique amélioration.

Conseils de lecture :

Foucault Michel, Surveiller et punir : naissance de la prison, Gallimard, Paris, 1975
Elias Norbert, La civilisation des mœurs, Agora, Paris, 2003.